Les bénévoles de Cantley 1889 ont écrit plus de 150 articles mensuels sur l’histoire locale qui ont été publiés dans L'Écho de Cantley, une organisation sans but lucratif bilingue qui produit le seul journal communautaire de Cantley.
L’article qui suit est reproduit ici avec l’autorisation de L’Écho de Cantley, Août 2018, Volume 30 no 2.
En 1920, des artistes voués à la création d’œuvres paysagistes fondèrent le Groupe des sept. Les membres du Groupe ne reçurent pas un accueil chaleureux dès le départ, mais ils devinrent célèbres et réputés au pays. Certains d’entre eux se laissèrent inspirer par les paysages de Cantley.
J.E.H. MacDonald (1873-1932) est l’un des membres fondateurs du Groupe des sept. Il a peint de nombreuses toiles de Cantley, notamment du Mont Cascades et du Mont Lorne, depuis Cascades (sur la rive ouest de la rivière Gatineau). Des artistes ont trouvé en ces lieux un terrain de jeu naturel, en raison des attraits intéressants des rapides, des embâcles et des deux montagnes ainsi que de la possibilité de se rendre à la station Cascades en train.
En 1914, MacDonald a peint une série d’études brillantes sur les berges de la rivière Gatineau, dont des esquisses des collines de Cantley, pour une de ses célèbres toiles, « Logs on the Gatineau », qui date de 1915 (voir la photo). À cette époque, le Groupe des sept peignait souvent de telles esquisses de 8 pouces par 10 pouces, qui étaient reproduites sur des boîtes de cigares en bois. La drave printanière annuelle sur la rivière Gatineau, un événement populaire à l’époque, donnait aux peintres l’occasion de croquer des scènes mouvementées.
Il se peut que les esquisses de MacDonald aient pu être partiellement inspirées du quatrième gouverneur général du Canada (1878-1883), le marquis de Lorne, qui se plaisait à grimper au sommet des collines de Cantley pour y admirer la vue sur Ottawa, la nouvelle capitale canadienne. Lord Lorne et sa femme étaient de grands protecteurs des arts et ils ont soutenu l’établissement de la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui appelée le Musée des Beaux-Arts du Canada), choisissant même certains des premiers tableaux qui y ont été accrochés.
Quand A. Y. Jackson, aussi membre du Groupe des sept, a refait sa vie à Manotick en 1955, son ami artiste Ralph Burton et lui ont également trouvé ces lieux attrayants. Ils s’arrêtaient souvent à Cascades pour reproduire les collines de Cantley et la rivière, qui était désormais plus calme.
La station Cascades est démantelée depuis longtemps et, après la construction du barrage entre 1925 et 1927, les rapides ont disparu, mais les deux montagnes de Cantley sont restées relativement intactes, ce qui est exceptionnel. Ce sont les deux dernières aires naturelles non développées le long de la rivière entre Gatineau et Wakefi eld. Espérons qu’elles le demeureront, pour le plaisir des prochaines générations d’artistes, de photographes, de plaisanciers et de randonneurs.
Les lieux peints par de célèbres artistes, comme ceux du Groupe des sept, sont devenus très touristiques et il est possible de les connaître dans le cadre d’activités de découverte, notamment en suivant les traces du Groupe des sept (Following in the Footsteps of the Group of Seven) ou d’A. Y. Jackson (The A.Y. Jackson Trail).
Le Mont Lorne et le Mont Cascades pourraient devenir l’épicentre de l’art contemporain et patrimonial inspiré par la beauté majestueuse des collines de Cantley et de la rivière Gatineau.
John Almstedt, peintre depuis plus de 40 ans, a été fortement influencé par son ami Ralph Burton, qui a peint pendant de nombreuses années aux côtés d’A.Y. Jackson. Certains de ses tableaux sont inspirés des paysages qui se dressent le long de la rivière Gatineau, près de son chalet à Cantley.